Soirée Guns N' Roses
Bar Le Munich, Annecy, 2 décembre 2007
The X-Tra Pleasure Burning Band - The Longwood's Cluedo


Cette chronique fut écrite, elle vécu un temps sur mon disque dur puis elle est morte, ce vieux disque dur n'ayant pas survécu à une enième mise à jour d'un logiciel même pas indispensable (et bien sûr, je n'avais pas tout sauvegardé ailleurs; des tendances auto-destructrices, faut faire gaffe, c'est insidieux, ça s'exprime toujours d'une façon ou d'une autre).
Mais vu que cette chronique, le temps qu'elle vécu, fut carrément l'une de mes préférées, je vais un peu la refaire, vite fait, de mémoire, oui, un peu dans les grandes lignes, in memoriam de l'autre.
Elle commençait à peu près comme ça:

Qu'est-ce qu'un concert des X-Tra Pleasure Burning Band et des Longwood's Cluedo peut bien avoir en commun avec les Gun's N' Roses?
Ca:

5 types 1/2, par un artiste inconnu

Et c'est à peu près tout, peut-être.


Mais nous avons le temps, expliquons-nous.
Etaient de passage ce soir-là au Munich, en simples touristes, les Blackrain, de Cluses et quelques-uns de leurs amis :


Portraits signés Romain (Xtpbb)

Je ne sais pas vous mais moi, ces coupes de cheveux, ces fringues, ces tatouages, ça m'évoque les Guns N' Roses. Certains diraient Aerosmith mais on a tous nos références de coeur et dans ce domaine, moi, c'est les Guns.
Donc, voilà, "soirée Guns N' Roses".

Le Munich avait demandé aux X-Tra Pleasure de venir mettre de l'ambiance un dimanche soir...



Et en échange...


Et après...

Je préfère nettement Hugo, ici shooté par Romain, lorsqu'il chante.
Il est hors de question que je bronche lorsque la qualité du spectacle tombe aussi bas (oui, c'est moi installée à la table, en train d'écrire un sms).
(on pourrait trouver bien d'autres légendes à cette photo, ça ne rendrait pas moins lamentable cette image autant que le fait même de l'utiliser, désolée)

Pour ce qui est du concert à proprement parler, déjà, il commença à l'heure annoncée donc, j'en ai loupé le début et, arrivée après tout le monde, ou presque, loin de la "scène" derrière un public compact, composé d'un bon nombre de parents, frères et soeurs, copains de classes des Longwood's... A l'arrière, je n'eus guère le loisir de faire des photos.
Par contre, après le concert, mon appareil passa pas mal de mains en mains...


Des pilliers de bar vus par Romain


Sherlock par Rémi (Longwood's)

Et arrivé là, on se demande quelle photo mettre, lesquelles censurer... Vu que toutes les personnes photographiées ne savaient pas forcément à qui appartenait l'appareil et qu'internet est accessible à tous le monde, certains pourraient s'inquiéter, ne pas comprendre... Alors... Pfff...





Oui, je me souviens, ayant écrit cette chronique le lendemain de la fête, après avoir assez peu dormi, je faisais du décousu... Là, j'ai donc moi-même du mal à retrouver le fil de ce que je racontais...
Je me souviens surtout que je ne parlais pas trop du concert en lui-même...
Qu'en dire? Les Longwood's ont une nouvelle chanson plus rock'n roll que les autres. Les enregistrements sur leur myspace sont assez pourris et ne leur rendent pas du tout justice. A Annecy, comme une suite potentielle au phénomène Coming Soon, voilà le phénomène Longwood's. Enfin, le temps confirmera ou pas, en tout cas, ça semble bien parti... Mais faudrait pas trop leur mettre la pression ni trop leur lancer de lauriers, qu'ils s'endorment dessus, ce serait dommage.
Mieux parti, donc, que pour les X-Tra Pleasure Burning Band qui ont splitté. Ils se cherchent encore un peu, ils commencent à se trouver, un peu éparpillés : Hugo Clarence, soit le batteur en solo d'un côté et, de l'autre, les Black Flowers, soit le guitariste en duo avec le bassiste. Pour le chanteur, un peu show man très doué pour semer de l'animation au milieu du public en se baladant sur les tables (mais le batteur aussi sait faire, sur les tables ou dans le métro quand il a une guitare à la place des baguettes), on ne sait pas encore, faut peut-être que ça mijote encore un peu.
Bref. C'était rock'n roll, du bon gros son de bar, juste un peu pourri, une ambiance sympatique bon enfant plus détendue qu'en salle subventionnée...

Donc, du décousu, et j'en arrivais à un petit hommage à ce qui rend tout cela possible, l'écriture et la lecture de cette chronique et jusqu'à cette histoire elle-même :

Internet, par Romain

Oui, jusque dans les bars, nous sommes accros, poursuivis : au Munich il y a un ordinateur, Internet, un accès Wi-fi.
Sans Internet, je ne serais jamais arrivée à m'incruster autant dans ce petit monde de la musique, déjà je ne serais pas là, vous non plus, je ne connaitrais pas autant de monde... blabla... j'en arrivais je ne sais plus trop comment aux lamentations récurentes en ce moment sur mes problèmes de motivations mais là, bof, justement, et donc autant zapper.

J'en arrivais finalement au fin mot de l'histoire, ou à peu près : pourquoi donc, ce soir-là, avais-je tant "bloqué" à la vue des Blackrain et de leur look, à me sentir comme larguée au beau milieu d'un clip des Guns dans les 80's.
Parce qu'à chaque fois que j'apercevais un bout de leurs tatouages, sweat ou tignasse, me revenait à l'esprit une autre improbabilité, illustrée par cette photo qui figure sur la page d'accueil de ce site:

D'où pensez-vous qu'elle sorte?
Trouvée sur Internet?
La déco de mon salon.
Non.
Je vais vous le dire.
On ne me l'a jamais demandé. (suspens...)
Je vais vous le dire. (suspens...)
Elle a été prise par ma mère en février dernier à Las Vegas chez Steven Adler.
Tadam.
Mais là, il n'y a que les fins connaisseurs pour avoir compris.
Steven Adler fut le batteur des Guns N' Roses pendant la période 85-90 (selon Wikipedia).
Oui, ma mère a rencontré ce type, elle a passé une soirée chez lui grâce à une amie qu'ils ont, par le plus grand des hasards (mais le hasard... hum), en commun.
Et j'en arrivais à expliquer que, bon, on a beau bien aimer se la péter un peu quand on est un peu rock'n roll, l'intérêt de cette anecdote ne tient pas dans le fait que ma mère "connaisse" mr Adler (et encore, il faudrait s'entendre sur le terme "connaitre") mais dans le fait qu'une telle improbabilité se soit produite, la rencontre de ma mère et d'un ex-Guns.
Vu que ma mère écoutait plutôt Luis Mariano que les Beatles quand elle était jeune... Et que blabla milieu socio-culturel, blabla... enfin rien ne la prédisposait à faire ce genre de rencontre.
Et pourtant c'est fou, c'est arrivé. Pas mal grâce à Internet, soit dit en passant, et à sa tordue de fille.
Tout comme il est possible de passer une soirée dans un bar à Annecy en ayant tout du long la sensation d'avoir été larguée au milieu d'un clip des Guns.
C'est fou.
Et je ne sais plus à quelle conclusion j'en venais finalement.
Il était question de dépaysement cérébral... Des improbabilités se produisent... Un peu comme ce site, cette chronique, qui ne ressemble à rien et qui pourtant, malgré tout, est bel et bien là.

Enfin, j'en arrivais à dire que voilà, cette chronique à l'image des photos récoltées durant cette soirée: beaucoup floues, bancales, mal cadrées, ma tronche plus souvent visible qu'à l'habitude... :


Caro emmerdée par Romain
Et là, vu la couleur de ces cheveux sous cette lumière, il devrait y avoir au moins une personne pour penser "orange, flamme... feu... fire... FIRE!! ARTHUR BROWN!! FIRE! L'origine, quoi! L'ORIGINE!!"




Clément, grand fan d'Arthur Brown, vu par Sebastian

Ah oui! J'en arrivais à remercier les Blackrain pour leur présence dépaysante...
Un peu comme il arrive à des gens de me dire "merci, c'est sympa ce que tu fais!", ça fait toujours un peu plaisir, même si bon, on ronchonne intérieurement en se disant, ouais, bon, c'est pas avec un "merci, c'est sympa ce que vous faites" que je vais payer ma facture d'électricité, l'abonnement internet, l'essence, les cd, les places de concert, la réparation de l'ordi, etc... et pffff.... Il y a des gens qui font des choses improbables dans les rues, ça s'appelle des artistes de rues et ils ont un chapeau et ils disent "à votre bon coeur!". Et parfois, ça marche. Il me vient des envies de faire pareil mais sur la toile, webacrobate ("trouve-toi plutôt un job, feignasse!", oui mais alors adieu chroniques, photos, soirées tardives à la pelle ... Ô choix cruel!).
Et, voilà, j'en reviens à mes ronchonneries, comme ce matin dans mon blog...
Euh...

Voilà?
Ah mais non! Voilà! Je mentionnais aussi Patrick Eudeline! Ca me revient...
Voilà, récement, j'ai flashé sur l'article de Rock & Folk (octobre 2007) dans lequel ce monsieur relate sa dernière rencontre avec Siouxie et sa précédente rencontre avec Siouxie par la même occasion. Dans un style très perso, non dénué d'une certaine fatuité potentiellement irritante mais toute fois relativement consciente d'elle-même... Et... Ah oui! le détachement.
Bon.
Il conclut son article avec ce "Bon", mr Eudeline. Et depuis, je reconnais que je le reprends beaucoup, ce "bon". Il m'a marquée.
J'y entends désinvolture.
Détachement.
(ce qui nous fait tomber carrément dans le bouddhisme, trop fort)
On sait que tout cela ne sert à rien, ces étalages de fatuité, de vie privée, jusqu'à celle de ma mère, qui n'a rien demandé, franchement, le total look 80's, même la musique tant qu'on y est, pour ce que ça leur rapporte aux musiciens amateurs, et moi, ce site, franchement... A quoi bon?
Et pourtant, ça arrive. Pourtant, on y va. Des gens achètent Rock & Folk, des gens sont payés pour raconter leur vie...
(Comprenez que ça me fasse tripper... des vies autrement plus trépidentes qu'une vie d'annécienne, ok... mais quand même)
Bref.
Bref, l'écriture, la musique, etc... Cette production qui ne sert à rien, qui n'a pour toute raison d'être que de satisfaire non une nécessisté vitale (manger, larguer des bombes...) mais uniquement l'envie égocentrique de son producteur, celle d'extirper quelque chose de lui-même pour l'exposer. Autrement dit une compulsion, un tic, une manie, voir une dépendance? Vu qu'on parle de passion? Qui résulte en un objet parfois, certes, dotée de sens, de beauté, mais parfois bien peu et qui pourtant, existe et parfois marque, fait cojiter, parfois même réjoui.
Et c'est important.
On arrive pas à expliquer trop pourquoi (de toute évidence).
Ca nous échape, ça touche à la foi, ça vient du coeur...
Un élan de soi vers l'autre, de l'autre vers soi.
Un élan qui, soudain, provoque une pause, ce dépaysement cérébral, comme un bug, une échappée du marasme du quotidien, un moment de répis hors du temps, précieux quand bien même - voir d'autant plus, qu'evanescent.


Blabla + Photos