Petit suivi d'horizons
27 octobre 2007


Hier soir, dans le tumulte rock'n roll du bistro des Tilleuls (Annecy, Chemin de la Prairie), une vieille connaissance m'a demandé si j'ai récemment suivi un groupe en particulier.
Les Bloodshakers jouaient, un set généreux et bien ficelé de reprises rock'n roll concocté par des "vieux de la vieille" du coin (à comparer par exemple au filet mignon. Voilà. Une recette de grand-mère que tout le monde connaît et qui fait toujours plaisir quand elle est bien mijotée, enfin, quand on est pas végétarien, et moi, je me souviens, avant de devenir végétarienne, j'aimais bien).
Il y avait donc plein de musique, de fumée, de monde, attention ! du verre brisé par terre, des gens qui dansent à deux mètres, ça passe, ça brasse, on est un peu tous compactés dans environ 25 mètres carrés… alors, tenir une conversation en plus…
Je m'en creuse encore la tête : ai-je récemment suivi un groupe en particulier ?

C'est qu'il faut s'entendre sur le sens de "suivi", peut-être, avant tout.
Dans le sens rock'n roll un peu strict du terme, il ne m'est arrivé qu'une fois de "suivre" un groupe sur quelques dates de leur tournée. Loin, en touriste dilettante qui n'a vraiment rien de mieux à faire, bon, un peu des photos des concerts mais juste pour ma pomme, pour le plaisir, même si, après, ça laisse une trace momentanée en noir&blanc sur le site du dit groupe.
C'était l'année dernière, en mars, For Heaven's Sake, de Cognac à Rennes, en passant avant, pour s'échauffer, par les studios de la télé locale Clermont-Première à Clermont-Ferrand, jusqu'à Barcelone, ça en fait des bornes.
Ce n'est guère un scoop, ceux qui savent lire et qui ont accès au net ont pu voir passer la page qui en parle (brièvement, parce qu'après avoir fait autant de bornes, on est fatigué), sur l'ancien Tamazic.

Puis toujours l'année dernière, sans doute encore sur ma lancée, en vacances à Las Vegas début avril, je m'en fus, avec ma mère, jusqu'à Tucson, un road trip à travers l'Arizona, déjà parce que ma mère voulait un road trip et parce que j'avais suggéré Tucson, vu qu'à Tucson jouaient les Solace Brothers, découverts l'année précédente au Brise Glace (Annecy), grâce au We Got Cactus Tour. Une fois en route on m'annonça que le concert était annulé mais que si je venais quand même, on me jouerait une chanson, alors… Ma mère et moi nous retrouvâmes à Tucson, à dîner avec les "professional eaters" que sont les Solace (avec leur Frenchy ingé stagiaire du moment, dont la présence était d'ailleurs elle aussi une conséquence du We Got Cactus tour) puis dans leur studio (ils ont un vrai studio, d'où l'ingé stagiaire, pas juste un "local" de répèt') et à passer le bonjour à Jim Waters en passant, vu qu'il officie dans le studio d'à côté, "à côté" un peu comme ma salle de bain est à côté de mon salon), à assister à une répétition en bonne et belle forme.
Je pourrai ressortir une photo ou deux prises ce soir-là, photos que je n'ai pas sous la main… Je n'ai malheureusement pas d'aussi jolis souvenirs cocasses de mon périple à la suite des For Heaven's Sake… Par exemple, si j'étais un peu plus réactive, j'aurais ramené la photo d'un lama dans un monte-charge… C'est dommage…
On aurait aussi pu en faire des marrantes dans une des chambres d'hôtels que nous partageâmes, à 4 et pleins de guitares vintage dans une petite chambre d'hôtel, style hôtel F1… Si ça c'est pas rock'n roll…

Enfin, je précise, tout juste aussi rock'n roll que de camper dans les loges de La Tannerie, en compagnie d'une poignée de Lutins Greluts : on dort dans un coin, enfin, on essaye, parce que ça papotte, ça jacasse jusqu'à plus d'heure, ces gens, après un concert, et on peut rarement fermer l'œil avant 3 ou 4 ou 5 heures du matin. Et oui, on dort.
Parce que je suis peut-être un fervent membre du public rock'n roll mais faut pas non plus pousser mémère dans les orties et aller s'imaginer… Et quand on me sort du "T'es pas très funky", c'est pas pour rien.
Donc, oui, on peut dire que Les Lutins Greluts, je les ai bien suivis, eux aussi, à les avoir vu 8 ou 10 fois en concert dans le coin ou pas loin. Jusqu'à Bourg-en-Bresse, où ils avaient donc joué le 3 décembre 2005. Et dans le public ce soir-là, pas mal de gens les connaissaient déjà, ça m'avait impressionné, un petit groupe d'Annecy qui réussissait à ramener du monde jusqu'à Bourg-En-Bresse.
Depuis, ils ont splitté et à chaque fois que j'en parle, de ce split, ça me fout le bourdon. Ils se préparaient à enregistrer de nouveaux morceaux dont un très joli tango… Non, ça me fout trop le bourdon.

Ensuite… "Suivi"… Dans le sens qui ne conduit pas au camping où que ce soit…
Du vivant des Johnny Cash Is Dead, ceux-là, je les avais suivi aussi un peu. Entre fin août 2005 et novembre 2005, je les ai bien vu jouer 5 ou 6 fois. C'était facile, ils jouaient tout le temps dans les environs et là où ils étaient, il y avait toujours d'autres choses sympas à découvrir : Angelo Spencer, le chanteur-guitariste, se remuait comme… pfff !… 3 ou 4 ? pour organiser des trucs, vendre des trucs, offrir des trucs comme le cd des Coming Soon ("Ils sont vraiment bons !") à ceux qui avaient l'air aussi un peu motivés… C'était bien, le bon temps, du temps où l'Underground Family (asso annécienne organisatrice de concerts underground, surtout punk tolérant parfois un peu de folk) faisait des concerts au bistro des Tilleuls, juste à côté, en ville, et pas à perpette, à St Martin Bellevue ou encore St François de Salle, dans les Bauges, où on se les gèle tout le temps (à chaque fois que j'y vais, je me les gèle, même en juin, toujours).
Depuis, Angelo Spencer s'est expatrié aux States, et, pour citer un américain qui l'a un peu connu et qui était de passage en juin dernier : depuis, tout fout le camp.
Ensuite… qui d'autre… Capush, jusqu'à la MJC de Chamonix et la Maison du Peuple à St-Claude.
Antioche Kirm jusqu'à Genève…

Mais tout cela, c'était l'année dernière…
Cette année… Je me suis un peu calmée au niveau des kilomètres.
En mars dernier, j'ai passé un très long après-midi tout à fait glacial à Chambéry, à attendre le passage du dernier groupe qui jouait ce jour-là place de l'hôtel de ville, à l'occasion d'un "petit" concert en plein air organisé dans le cadre du sidaction ou un truc comme ça… Plein de groupes, l'occasion donc d'en découvrir quelques uns (parce qu'on reste quasi tout du long, on ne se contente pas d'arriver pour celui qui nous intéresse le plus), l'occasion de dire bonjour au gens de Minimal Chords en pleine session d'affichage, et après, on attend, on attend… On attend que le dernier groupe joue (on loupe tout de même quelques sets parce qu'il faut bien se réchauffer en allant faire un tour où en se posant dans un bistrot)… et attendre autant quand il fait aussi froid, à vue de nez, ça vaut bien 300 ou 400 bornes. C'est que pour Varsovie, ça valait le coup d'attendre. Même si, après avoir eux aussi attendu autant dans un tel froid, à se réchauffer sans doute à coups d'autre chose que de café, les organisateurs ne semblaient plus trop en mesure de faire un son bien droit.

En juin, j'ai exceptionnellement poussé jusqu'à Paris pour revoir Woven Hand, après leur passage au Brise Glace.
Jusqu'à Mouxy pour voir Rosemary
Jusqu'à Aix-les-Bains pour le concert fleuve de l'école Deva (et, aparté, j'irai bien faire un tour jusqu'à Divonne-les-Bains, à l'occasion, si cela me permettait de revoir le groupe qui joua ce jour-là, en special guest, ils étaient de Divonne, des élèves à Mr Olivier Lambin, pianiste et professeur de l'école de musique de Divonne, qui accompagne parfois la magnifique Alice Rolandez quand elle chante à l'Artootem… Bref).

Récemment…
Jusqu'à Lausanne, au Bleu Lézard, le 3 octobre, à faire le taxi pour The Longwood's Cluedo, dont j'avais soigneusement "suivis" les 4 "dates" précédentes (MJC de Novel, lycée Berthollet, fête de la musique devant Bonlieu///Annecy, Underground bar/Menthon st Bernard, pour être un peu exacte).
J'ai une Clio. Les Longwood's sont quatre, dont 3 assez grands, ceux à l'arrière ficelés comme ils pouvaient avec les 2 ceintures de sécurité, plus quelques guitares. Les douaniers se sont bien marrés. Ils ont été sympas. En gros : "Toi, avec ta ceinture comme ça, si vous avez un accident, t'es mort !".
C'est une bonne chose qu'ils aient été sympas. Ils ne nous ont pas demandé nos papiers. On aurait été mal. En plus d'être arrivé à Annecy par un train qui avait du retard, le bassiste avait aussi oublié sa carte d'identité et son autorisation de sortie du territoire (pour les mineurs non-accompagnés par leurs parents, on le rappelle, pour passer la douane, c'est un must).

Il est possible que ce passage de la douane m'ait rappelé la soirée à Genève du 12 juin. Nous étions 4 dans une petite Peugeot (je ne conduisais pas cette fois, j'en avais marre des bornes, c'était un déplacement "courtesy of" le clan Capush) pour aller voir la carte blanche à Antioche Kirm à la Cave 12 (la cave d'un squat). Nous n'étions que 4 mais les douaniers, eux, vraiment plus nombreux : ça arrêtait tout le monde et voilà un gros bergers allemand propulsé dans la petite Peugeot, la remplissant presque, laissant en souvenir un coup de crocs dans un paquet de cigarettes mentholées.
Depuis, encore aparté, le squat dont faisait partie la Cave 12 et d'autres, ont été vidés manu militari… Il est possible que la ville de Genève ait donné un gros coup de pied dans une grosse fourmilière. Il est possible que les squats vidés récemment se recrée ailleurs… Bref.

Ensuite… Conyliin : après avoir glandé à leur journée de mini résidence au Brise Glace et avant d'aller les revoir au Rock'O'Marais à Poisy, je les ai "suivi" le 23 juin, enfin, plutôt accompagné, à faire, à l'allée, le chauffeur d'une de leur voiture judicieusement équipée d'un GPS, parce que pour trouver l'Art Ti Cho dans Grenoble, quand on ne connaît pas Grenoble, c'est judicieux, un GPS.

Oui, Caro sait définitivement conduire, pas juste sa petite Clio.
Récemment, le 18 octobre, elle a quitté l'Indépendant (petit bar annécien qui organise parfois des trucs, non loin de Bonlieu, rue Sommeiller) sur cette réplique :
- T'as déjà conduit un van ?
- Euh, non !
- Bah tu vas apprendre !
Voilà, parce que les rockeurs aiment bien profiter de leur soirée : quand on joue, le bar offre souvent la bière alors vu que Caro ne boit pas et qu'il lui arrive d'être partante pour de petites équipées rock'n roll, surtout quand ça peut rendre service… Après leur concert, à ramener The X-Tra Pleasure Burning Band (et leur invitée Somer) à leur QG, à quelques kilomètres d'Annecy et… ah ! oui ! Là, exceptionnellement, retour de la mention de camping dans le récit… J'allais pas rentrer à pied non plus, ni en stop, alors après avoir fait le chauffeur, on papotte, on jacasse et enfin, on va se coucher, on dort et après, on boit le café en attendant que Messieurs les rockeurs se motivent pour vous ramener en ville.
Au passage, un van d'aujourd'hui, ça se conduit vachement mieux qu'une Clio standard d'il y a 10 ans.

Ensuite… Aurais-je fais le tour… ? Plus ou moins…
C'est que, cet été, pour tuer le temps, toujours particulièrement long en juillet-août, j'ai commencé à lister "tous les concerts" auxquels j'ai assisté durant l'année écoulée… Je vais vérifier…
Ah ! Rhesus ! Jusqu'à Reignier, en avril. Oui, ce soir-là, aux Petites Rockailles, il n'y aurait pas eu Rhesus, je n'y serais pas allée.
Désolée, j'en reviens à Rhesus, pas fais exprès, ça va en énerver certains…
Je les ai "suivi" jusqu'au fort de Tamié, aussi, le 1er septembre. Bon, la veille, j'avais suivi les DJ Torsenu and the Space Analog et Nadj jusque là-haut… Bon.
Pour faire bon poids, bonne mesure...
Si je suis autant… Vous me suivez ?


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