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7-10 mai 2008 Chambéry-Reims-Strasbourg - Charleville-Mézières - Chambéry Rosemary (page Myspace) : Thomas (guitar/chant/grand organisateur de tout tout tout), Fred (basse/clous), Oliv' (fûts à boire et à taper) Caro (disque enregistreur) Oui, "tournée" entre guillemets parce que lorsqu'on dit "tournée", on s'imagine vite Gun's n' Roses, scènes immenses, concerts en stades à travers le monde et là... Des gens qui n'y connaissent pas grand chose, en voyant ce qu'est réellement la "tournée" d'un groupe de rock (grunge, punk, pop-rock, etc...), que le groupe soit plus ou moins amateur ou même pro non-surmédiatisé, bah des gens tomberaient de haut... Les "tournées" de ces groupes-là, bon, ça reste des véhicules pleins d'instruments et de musiciens, un itinéraire, une ville différente chaque soir, oui oui... Mais bon. C'est d'avantage la tournée des bars que des minis bars des cars climatisés. Faut être un peu précis, quand même. Que ce ne soit pas pour rien que les Rosemary aient trimballé pendant 4 jours quelqu'un qui aime bien raconter des trucs sur le net, des trucs vrai de vrai, racontés d'une façon un peu objective, qui informent le lecteur sans trop l'endormir car au détour d'un paragraphe chiant peut toujours surgir un bout de phrase du genre "... habitacle subtilement parfumé au brebiou allégé et à la miche au poivre... Sans parler du fait que, de tout ce bout de tournée, la chroniqueuse fut la seule à profiter des douches trouvées en chemin..." Voilà. A la limite, là, je pourrais considérer que j'ai fait mon taf. C'est coloré, raisonnablement informatif... Petite esquisse qui résume pas mal... Ton un rien "abrasif", bien assorti à l'humour Rosemary servi régulièrement à son public par Thomas ("Merci d'être venus... manger des pâtes!", lancé à la salle des fêtes de Bellecombe en Bauges, en février 2006)... Mais non, quand même, je vais faire un peu dans le détail aussi, le détail technique, le détail touristique, façon tour operator (pas tour manager, non, parce que je n'avais pas fait d'itinéraire mapy, alors que ça aurait pu aider). ![]() ![]() Enfin, il nous a tout de même emmenés tous presque jusqu'à Reims sans broncher, ne se faisant remplacer par Olivier qu'un peu avant l'arrivée. Je précise, vu qu'on trouve ceci dans les archives vidéos, l'arrivée à Reims, avec un aperçu de la cathédrale : Il y avait une chienne énorme, celle de la gérante et barmaid qui offre des pâtes, de la bière et du vin aux artistes et qui met des trucs jolis sur les tables pour décorer, une chienne énorme, donc et pas beaucoup de public : parfois c'est plein, et le jour d'après, non... Comme d'habitude, on s'interroge... Les aléas de la vie de troubadour... ![]() ![]() Assez souvent, je les avais senti sur scène un peu comme lassés de jouer -encore- à Chambéry ou -encore- pas loin de Chambéry (par exemple je garde le souvenir de Fred jouant assis, pendant un concert dans la petite salle de Château Rouge à Annemasse). Là, non, pas du tout. Chambéry loin, hop, ça arrache. Et ce fut comme ça 3 soirs de suite. Nuit passée dans le salon du batteur des Naked Dolls, après un peu plus de dr..., enfin de bièreuh et par terre pour certains parce que voilà, tout le monde n'est pas toujours équipé tip top pour héberger plein de gens. Le lendemain, direction Strasbourg après un arrêt au supermarché pour se fournir en brebiou allégé et miche au poivre (pour moi, juste du chocolat et du coca, ça fera l'affaire et faut préciser que tout ça bien enfermé dans des sacs en plastiques, ça ne sent quand même pas autant qu'on pourrait s'amuser à le faire croire). Arrivée à Strasbourg en fin d'après-midi, assez tôt pour partir faire les touristes autour de la cathédrale. Cette fois, c'est moi qui me sentais d'humeur à voir la cathédrale alors je les y ai un peu trainés, voilà, c'était joli Strasbourg sous le soleil. ![]() Au programme, en premier: les Mutant Experiment, qui rock bien et dont le chanteur se roule parfois par terre, parait-il, mais pas toujours : là, parce qu'une fan lui a demandé, il est allé jusqu'à jouer à genoux mais pas plus bas. ![]() ![]() ![]() ![]() ...passage du patron... ![]() ![]() Au matin suivant, petit café et direction Charleville-Mézières. Comme me l'a écrit l'un de mes correspondants, Charleville, ça ne "fait pas triquer". Pardon, je cite. Pardon, c'est un peu vrai. Charleville, je connaissais déjà un peu avant (étant à moitié une ardennaise du coin) mais très peu, là j’ai vaguement approfondi la question et c'est peut-être qu'on n'est pas allé trainer aux bons endroits, pourtant on a poussé jusqu'à la grande place où allait se tenir une fête (de la bière, non?) dès le lendemain... Euf, ça donnait pas vraiment envie de s’attarder, ou à la rigueur rester pour aller visiter le musée Rimbaud (Charleville, ville natale d'Arthur), histoire de s'instruire un peu avant de partir, mais sans même jeter un regard ému en arrière. La ville fut un peu riche à une époque. L'Hôtel de Ville en reste assez imposant mais bon, là bas aussi ils rasent les jolies villas anciennes pour faire des trucs moches à la place et voilà. Juste en face du dit hôtel de ville: la Taverne Bayard, où se tiennent apparemment depuis peu, parfois, des concerts. Pour les annéciens, on va dire que ça rappelle un peu le Munich, des tables de billard en plus, mais en version Charleville. Et c'est là qu'arrive un des meilleurs moments du voyage. Le dit concert avaient été "organisé" par un groupe local, comme il se doit dans le monde de l'underground "DIY" (Do It Yourself, "fais tout toi-même"), un groupe de petits jeunes qui débutent, les Infested. Alors on arrive, on se gare devant la Taverne (chouette, y a de la place, c'est pratique), on commence à glander, les Infested sont bien là mais pas leur batteur, et c'est lui qui doit amener un tapis de batterie, sans le tapis, on ne peut pas trop commencer à monter la dite batterie, à installer tout le reste alors on va attendre, c'est pas comme s'il y avait le feu non plus d'ailleurs, il est encore tôt, dans la brasserie l'humeur musicale est à mtv black, nous les rockeurs (pardon, je m'inclue dans le lot, ce n'est pas parce que je n'en joue pas que je ne pense pas rock), nous les rockeurs, bah, mtv black... Donc, on est là, un peu à commencer à attendre surtout dehors, autour du "camion" (on appelle ça un trafic en vrai, aurais-je appris) et le lecteur cd joue du Led Zepplin et là, Thomas demande au chanteur-guitariste des Infested qui vient nous rejoindre, histoire de causer autant que de s'imformer un peu: - Alors, pour l'hébergement, on fait comment? Et là, les oreilles en éveille, le petit jeune répond, enfin commence par répondre, en s'adressant au lecteur cd: "Led Zepplin". Oui, ok, on est tous d'accord, on est tous content de connaitre et de partager quelques références communes (quoi que ce ne soit pas vraiment l'une des miennes mais bon, passons), ok. Et il enchaine ensuite par la vraie réponse: - Bonne question! Ah. Je ne sais plus exactement ce qui suivit, mes talents de disque enregistreur ont leur limite et j'ai tendance à ne bien mémoriser que les petites phrases qui tuent. Ah. On ne savait donc pas où on allait nous mettre. Où on allait nous envoyer…. Le jeune ardennais s'exclama alors, surpris : - Comment? Vous n'avez pas de tour bus équipé d'une banquette pour chaque membre de l'équipe? Comment? Mais vous n'avez pas réservé votre hôtel à l'avance? Comment? Vous n'attendez pas des groupies qui se chargeront de votre hébergement à titre très gratuit? Comment? Même pas une tente? Thomas, un peu abasourdi : - Bah... Non… Une chieuse : - Comment Thomas, mais tu ne t’étais pas assuré qu’ils nous garantissaient un hébergement minimum deux étoiles? - Bah, Caro tu me gonfles et t’as qu’à faire le tour manager, toi, si t’es si bien organisée. Enfin, non, là, je précise, c'est moi qui imagine un dialogue imaginaire à la con, hein? que ce soit bien clair... Et là, on reprend le dialogue réel bien mémorisé, quoi que je ne sois plus très sûre... je crois que c'est moi qui l'ai posée cette question : - Et pour le dîner? - Bah, vous avez 5 euros? Oui, parce qu'il y avait un kebab très bien, pas cher, à 2 pas. Ah. Alors, alors, alors. Ce qui va suivre s'adresse tout particulièrement aux petits jeunes qui débutent, au cas où il y en auraient, un jour, qui viendraient à passer par là (et que les petits jeunes se rassurent, ça pourrait aussi bien être une piqure de rappel pour les moins amateurs aussi, même pour certains pros, parfois on voit des trucs en backstage, on haluçine et je ne suis qu'une observatrice, oui, donc oui, je la ramène si je veux): dans le milieu underground DIY (do it yourself - "fais tout toi-même") autant que dans le reste du réseau indé un peu bien établi d'ailleurs (genre groupe qui passe peut-être à l'occasion sur Le Mouv' mais qui rame quand même vachement en vrai et qui n'est pas encore prêt de faire fortune pour autant...), on est tous dans la dèche (oui, je m'inclue là aussi parce qu'à la longue, équipée de mon merveilleux site web à la con, de mon myspace, de mes appareils photo, je vais finir par en faire un peu parti quand même, si c'est pas déjà fait, même si à la base, je reste juste une fille qui écrit un peu mais surtout très bordélique pire qu'une "juste amateur", enfin bref), donc, on est tous plus ou moins dans la dèche. Donc, quand un petit groupe débarque chez toi pour jouer parce que tu l'as invité, il apprécie une chose (en plus du "cachet", si Ô miracle! il y en a un digne de ce nom à la clef) : c'est d'être nourri et logé. Ca peut être juste des pâtes bolo ou un sandwich et juste 2-3 bières et une nuit sur le canapé du salon et un café avant de partir le lendemain, mais il y a comme un minimum syndical à respecter. C'est un peu comme, disons, la moindre des politesses. Et c'est un peu comme, disons... eufh... une question de bon sens. Le groupe se tape des bornes pour venir jouer chez toi, bon, tu l'as invité, c'est cool, c'est sympa, t'aimes bien ce qu'ils font, cool, ça fait plaisir de se sentir un peu désiré et attendu mais après, faut un peu assurer le service après vente c'est à dire nourrir et héberger la bête. Même très à la bonne franquette, tant qu'on sent que tu partages avec cœur le peu que tu as (quelqu'un aurait des violons?). Parce que se taper des bornes pour venir jouer chez toi, et jouer aussi, c'est du sport, ça creuse et pas seulement le ventre. Au prix de l'essence et de l'autoroute et de l'éventuelle location de véhicule. Faut un peu penser à ces petites choses là. Bon, quand on est jeune, bon, inexpérimenté, bon, pas encore bien au fait des réalités du quotidien, bon... Ca va. Enfin ça ira. J'avoue, cela m'inspira tout de même, sur le coup de la surprise, une petite réflexion à l'humour un peu acerbe à propos des dits petits jeunes, mais vraiment sur le coup de la surprise, la fatigue, tout ça..., le soir même, un peu avant l'heure du dîner, alors que nous, savoyards, étions un peu tous assis sur le seuil de la taverne, un peu avant d'aller nous fournir en paninis et frites de l'autre côté de la Meuse, ça donnait à peu près ça : - Enfin, ils ont pas l'air vraiment méchants... Et j'ignore pourquoi Thomas trouva à rétorquer : - Bah nous non plus!... Ce qui me fit ainsi bifurquer : - Ah bah c'est sûr, y a qu'à regarder Fred, on est tout de suite rassuré! ![]() Et puis finalement, je vais en faire 1 page alors que ça c'est plutôt bien fini : après le concert... ![]() ![]() Oui, alors, quand le décors et la lumière n'inspirent pas beaucoup, on fait mumuse autrement. Mais un peu loin de Charleville, un peu, quand même. Et là, il me reste encore une chose capitale à faire, à ce point du récit. Déjà re-citer encore Thomas un petit coup, pour le plaisir, vu que c'est quand même lui qui se démène pour organiser tout ça, et que j'ai donc voyagé à ses frais, faut bien le dire, enfin à ceux de Minimal Chords, pardon, même moi j'ai parfois tendance à l'oublier que c'est toute une association en bonne et due forme, enfin, donc à ce sujet, selon Thomas, toujours plaisantin: "C'est un travail d'équipe : vous pédalez, je monte sur le podium!". Enfin donc, il me reste encore une chose capitale à faire, à ce point du récit, cher lecteur, quand tu lis par exemple "dans un petit chalet de jardin... en rang d'oignions"... Mmm... on sait tous ce que tu commences plus ou moins à t'imaginer, hein? En rang d'oignions et avec une fille dans le rang, ça fait quoi? Mmm? Cher lecteur, hein? Où elles en sont, tes idées tordues, là? Hein? Des rockeurs, tout ça tout serré dans le noir... Hein? Et bah non. Stop. Pas du tout. Qu'est-ce que tu vas t'imaginer, hein? C'est que je savais que j'aurais à raconter tout ça en public, moi. Ha. Faut pas déconner. C'est sérieux, une chroniqueuse en mission, bordel. (je précise bien sûr dans l'espoir utopique de me faire réembaucher un jour par quelqu‘un, n‘importe qui. ha ha.) Et en conclusion, pour la petite histoire, il me reste encore à préciser que, sur ce, le batteur remplaçant jeta l'éponge. A la fin du périple, devant la porte des Locaux Larsen, par une fin d’après-midi ensoleillé, une scène assez poignante, même si personne ne broncha en vrai, bien sûr, le rockeur, ça a sa dignité, donc une fois le matériel tout déchargé, tout le monde prêt à réintégrer ses pénates, voilà Olivier qui annonce très solennellement, qu'il arrête les remplacements. Fini Olivier à la batterie des Rosemary pendant les concerts. Il n'y aura plus que le batteur officiel. Pour raisons perso, dit-on traditionnellement. En vrai, c'est que... Bah quoi? Bah oui, je vais cafter, vous pensez bien! D'habitude, je commence par "en vrai c'est que... Nan! je déconne! c'est pas Gala, ici!"... Et bah tout évolue, hein? Donc, en vrai c'est que le batteur remplaçant fait déjà parti de 2 groupes à Annecy et que les répèt' de Rosemary à Chambéry, c'est à 40 bornes de chez lui alors les allées et retour, quand on travaille à plein temps en plus, à Annecy aussi, et 2 autres groupes en plus, bah, à un moment, c'est plus trop possible, faut faire des choix. Surtout maintenant, au prix de l'essence. (Quelle révélation tonitruante, n'est-ce pas?) Donc, plus d'Oliv' derrière les fûts de Rosemary (c'est sûr qu'avec Oliv', vaut mieux préciser quels fûts). Personnellement, ça m'a foutu un coup parce qu'Oliv' amenait un petit côté fun rock'n roll au groupe, joli. ![]() Bah manquait plus que ça pour rentrer vraiment joyeusement chez soi en cet ensoleillé samedi de mai, y a pas à dire. C'est qu'on s'attache : la route, le brebiou, les sacs de couchage, tout ça, on s'attache. Moi, je serais bien repartie direct mais non, faut reprendre non la route mais le train train, tout à une fin. Oh, des portraits! c'est pas souvent... : ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() Blabla + Photos |