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Petite histoire (comprendre « tartine ») Le p'tit festiv des Rockailles, MJC de Reignier, 13 avril 2007 Ca faisait un bail qu’on ne les avait pas vu et en fait, on ne les avait vu qu’une fois, il y a longtemps, vraiment, juillet 2005, c’est pas la porte à côté, pourtant le souvenir reste assez net, grand comme un souvenir plus récent, peut-être grâce aux photos, même pourries… Et là, voilà, c’est reparti. Donc, les Rhesus, on les avait vu à Musilac en 2005, sur la petite scène « régionale », celle gratuite sous les platanes, dans la canicule d’un après-midi d’été très ensoleillé, le lac du Bourget scintillant en arrière plan, sous un peu d’ombre, entouré d’un peu de monde. A l’époque, l’auteur faisait ses débuts de blablateuse du web et, rentrée chez elle, elle avait balancé ça sur le sujet : "En dernier, les Rhesus, de Grenoble. Le programme dit "power pop". On dit pas juste rock ? parce qu'ils sont quant même pas mal énervés… Moi, en tout cas, ils m'ont mis la pêche. Je suis repartie de là, je m'en prenais joyeusement aux voitures qui traînaient devant moi alors que le feu était vert : "Alors! T'attends que ça mûrisse ?". Ils ont d'ailleurs eu droit à un rappel en règle, les Rhesus. Pour les situer, comme le ferait une vraie journaliste professionnelle, je ferais le rapprochement bien bateau qui énerverait sûrement bien les intéressés, le rapprochement, donc, avec les JJ72. Parce qu'eux aussi ils sont trois et que, à la basse aussi, c'est la fille qui s'y colle. Sauf que la bassiste des JJ72, je l'ai jamais autant entendue. Là, on y gagne beaucoup. Et puis le chanteur de Rhesus n'a pas cette voix de chat éraillé du petit blondinet des JJ…. Moi, j'aime bien les chats, mais ça doit en énerver certains… Entre parenthèse… (Jeudi 21 juillet 2005, 11h) Un extrait d'une vieille interview: Ce que les Rhesus aimerait qu'on sache d'eux: Aurélien (le chanteur) : Qu'on nous trouve authentiques, sincères. Il faudrait que les gens sachent qu'on ne jouent pas un rôle même si parfois on peut paraître excessifs. Laura (la bassiste) : On est là pour communiquer nos émotions, pour que les gens se retrouvent dans nos morceaux, qu'on oublie ce qui nous préoccupe... A : C'est une sorte de compassion générale ! Un type qui sort des réponses pareilles… Je me disais bien que c'était un peu bizarre qu'il est l'air aussi renfermé… Un mauvais jour, peut-être? L’histoire du camion qui a brûlé sur l’autoroute, c’était pas des cracs ? Bref…" Oui, bref, et oui, le chanteur avait dit deux mots sur une sombre histoire de camion et… on en sait pas plus. Ensuite, Rhesus était passé par Annecy en mai 2006 mais ce soir-là, l’auteur était très occupée à faire l’annécienne pure et dure à une soirée spéciale « musiques expérimentales » à la mythique Machine Utile. On est parfois forcé de faire des choix bien cruels. Le truc bizarre, c’est que, bien qu’elle ait été absente à ce concert, elle avait tout de même reçu une « friend request » des Rhesus sur Myspace peu après, genre sans rancune, et elle n’a d’ailleurs jamais pris la peine d’enquêté sur le sujet pour savoir comment pourquoi. Après tout on s’en fout, c’est Myspace, c’est pas comme si c’était sérieux. Bref. Et Musilac 2006, elle n’était pas là non plus pour leur concert sur la grande scène bien payante, c’est vraiment très crétin, elle avait prévu d’aller voir les Lutins Greluts à St-Julien en Genevoix, elle était invitée, elle aurait fait des photos, rencontré et passé du temps avec plein de gens très cool backstage… Si seulement elle n’avait pas chopé une légère insolation à passer l’après-midi devant la scène régionale, en plein soleil, à regarder tous les concerts du début à la fin… « Aurait » car finalement, ce soir-là, elle était plutôt rentrée chez elle, un peu patraque. Ceci dit, elle avait vu et surtout entendu la fin des balances de Rhesus. Arrivée un peu tôt, en marchant le long du lac jusqu’au site du festival, elle avait entendu de la musique, une voix qui portait vachement bien et sur le coup, elle n’avait pas trop reconnu, ça lui avait fait penser à Radiohead, ce genre de voix, et une fois arrivée « ah ! mais c’est Rhesus ». Et re-photo pourries de paparazzi à travers les grillages : Rhesus balance; 8 juillet 2006. On s’amuse comme on peut. Alors voilà, ça commençait à faire un bail, alors un concert de Rhesus un peu près de chez elle, cette fois, l’auteur n’allait pas louper ça. Elle avait un peu suivi leurs pérégrinations sur le web, leur page myspace, leur blog et autres diary… D’ailleurs, les « diary » des groupes, c’est vraiment un truc trop peu pratiqué : pouvoir lire une chronique de concert directement rédigée par les musiciens, franchement, c’est un point de vue inégalable, et surtout lorsque c’est plein de petits détails persos, de vécu vrai, d’anecdotes bien colorées, ça vaut son pesant de moutarde. Alors les pérégrinations de Rhesus, même rien que vu de loin sur le web, même pas à la télé alors qu’il y aurait eu moyen (voir l’épisode 1 de Rhesus tv sur leur page myspace), des pérégrinations pareilles, pour un groupe originaire de Grenoble, même pas de Lyon ni de Paris, non, Grenoble, bah, des pérégrinations comme ça jusqu’en Allemagne, sur des scènes immenses de Festivals vraiment immenses… Ca donne envie. Ne serait-ce que de voir comment un groupe qui a connu le frisson de telles scènes va se comporter sur une scène de MJC. Une scène de MJC. Déjà que ça ne motive pas vraiment le public alors un rockeur… Parce que ce soir-là à Reigner, on ne peut pas dire que la salle ait été blindée. C’était même assez éparse, vu l’affiche. L’auteur a tendance à se dire que c’est la faute à ces 3 petites lettres : « MJC ». Une MJC, y a rien à faire, en tout cas toutes celles que l’auteur a vu, ça a beau avoir une jolie scène de dimension très correctes, un son et des lumières très honorables, ça reste moche. Comme une très grande salle d’attente de dentiste, avec des faux plafonds moches, un sol moche, des murs moches qu’on a beau essayer de camoufler derrière des draps ou des rideaux noirs, et ce soir-là, un bel effort avait été fait côté déco : ![]() L'entrée de la salle; drappé. … même comme ça, ça reste une MJC, quoi qu’on y fasse, ces 3 petites lettres sonnent toujours dans la tête comme « gymnase qui pue les pieds ». Ce genre d’endroit qui rappelle les années de collège, les salles de gym, les réfectoires, ce genre d’endroit où on avait pas envie d’aller mais on était forcé alors on endurait. Et maintenant, on est grand, et pour aller écouter de la musique live, il faut se retaper ce genre d’endroit et payer quasiment le prix qu’on payerait pour le même concert dans une jolie vraie salle comme le Brise Glace à Annecy, le Scarabée à Chambéry ou la Soierie de Faverges… Bah, de toute évidence, ça ne motive pas tout le monde, donc. Et il y a aussi le problème de la cigarette et l’interdiction de fumer à l’intérieur qui en fait chier plus d’un, sauf les non-fumeurs qui peuvent arriver là et souffler en voyant le panneau « interdiction de fumer », en se disant qu’ils n’auront donc pas à passer la soirée dans la fumée ni à sortir se les geler pour s’aérer, à ramener des fringues bien parfumées chez eux, des cheveux bien parfumés chez eux et à se réveiller le lendemain en ayant la sensation d’être encore dans la fumée (les fringues enfumées dans une pièce saine et close, ça diffuse bien son parfum), la sensation de s’être enrhumé alors que non, c’est juste des sinus encombrés par trop de fumage passif, les pauvres, ils ne sont pas habitués. On se dit que les non-fumeurs fans de musique live qui ont renoncés à ce genre de concert parce qu’ils tiennent trop à leurs poumons, ça pourrait exister, et ils n’ont peut-être pas encore pris note des changements d’habitude des salles de concert qui se mettent, pour beaucoup, à prendre des mesures pour respecter la nouvelle loi en vigueur et ces mélomanes, un peu chochottes, on en convient, quand ils investiront les salles de concerts, ça compensera peut-être l’absence des mélomanes fumeurs occupés à s’en griller une en manquant le quart ou le tiers des concerts. Bref, un public un peu dispersé à Reignier ce soir-là, donc. Quoi que du monde quant même, faut bien le dire, on a pas le chiffre des entrées non plus pour être précis, juste une photo, là, pendant le set des Flying Donuts : Public & Flying Donuts Oui, l’auteur est désolée pour les autres groupes de l’affiche, les Crappy Stuff, les Flying Donuts, les Playmates on the Run, ici, il va vraiment n’y en avoir que pour Rhesus. Les Crappy Stuff, de toute façon, elle les avait vu 15 jours avant sur la mini scène underground de l’ancienne chaufferie que sont les Locaux Larsen à Chambéry, elle en a déjà dit deux mots ici, fait des photos, là, elle a simplement eu l’occasion de constater que ça sonne toujours sympa, du heavy garage ? en voie de développement, une attitude qui reste à finir de poser et à affirmer un peu mais vu que c’est un groupe tout neuf, bon… Et les Flying Donuts, euf… L’auteur a passé une bonne partie du set a discuter alors… Et les Playmates on the run, elle voulait rentrer un peu « tôt », dormir un peu cette nuit là alors, passé 1h, alors que les Playmates commençaient tout juste, elle est partie et elle le regrette vu qu’on lui en avait dit bien du bien des Playmates… Alors oui, vers 1h, elle est repartie, avec la curieuse sensation qu’à ses yeux, contrairement aux Rhesus, aucun des 2 groupes ayant joué avant eux n’avait vraiment réussi à « prendre » la scène, à se l’accaparer, à la conquérir, en tout cas suffisamment pour la captiver elle mais ceci dit, elle précise que ce n’est là aucunement un jugement de valeur vu qu’elle était venue là pour voir Rhesus, qu’elle était complètement branchée en mode « Rhesus » et que donc, elle devait être un peu fermée à tout le reste et que donc, tous ce qu’elle peut raconter sur cette soirée est probablement beaucoup plus que d’habitude particulièrement subjectif. Donc, voilà, Rhesus sur scène. Et dès les premières notes lâchées, les premières lights allumées, l’auteur ne peut s’empêcher de penser en photographe « ralala, y aurait de jolies photos à faire ! ». Et plutôt que de prendre des photos, pour une fois, elle s’applique à mémoriser ce qu’elle voit avec son propre cerveau : le petit t-shirt à rayures rose et blanc de la bassiste, son jeans noir, ses shoes style converses blanches, le petit polo noir ? à fine rayures blanches ? du batteur, la veste noir sur t-shirt noir du chanteur et ses chaussures vraiment très pointues en cuir noir, rock’n roll ! et le slip noir qui dépasse du pantalon gris quand il se penche pour jouer plier en deux sur sa guitare, rock’n roll ! bah oui, on peut remarquer des tas de trucs quand on a juste des yeux. Et tout le long du concert, de se demander ce qui se cache vraiment derrière cette tignasse qu’il a toujours plus ou moins dans la figure… Et à quoi ou à qui de sympa est-ce qu’on pourrait bien les comparer les Rhesus ? Et pendant que ça joue, une partie du cerveau farfouille dans la mémoire et ah ! Simon, le batteur, la plupart du temps le tronc bien droit, en tout cas bien ancré sur son siège, comme si seuls les bras s’agitaient vraiment... Ah ! on a trouvé ! le saule cogneur de Poudlard, dans Harry Potter, et si on part sur du Harry Potter alors Aurélien, le chanteur qui remue partout, très électrisé, à vif… Ah ! d’abord on pense vif d’or mais ça n’a pas de tête un vif d’or donc on va plutôt dire l’attrapeur d’une équipe de Quidditch et Laura, la bassiste…Ah ! là, on a un peu de mal… Une fille très gracieuse qui ondule dans la musique comme un roseau dans le vent, un jonc dans le courant d’une rivière…Oui, elle évoque des images poétiques comme ça, et ah ! on trouve ! Une vélane ! (si vous êtes largués en matière d'Harry Potter, voir Wikipédia) Voilà, on s’amuse comme on peut. Et que dire de plus, ça en fait déjà une jolie tartine… Un petit moment sympa : l’arrêt sur image, qui rappelle irrésistiblement à l’auteur Les Lutins Greluts à qui il arrivait aussi de faire ça une ou deux fois pendant leur set : tout à coup, le groupe s’immobilise, silence, on ne bouge plus, même pas un petit hochement de tête pour marquer discrètement la mesure et le public qui commence à se manifester, ce soir-là quelqu’un qui lance « c’est du faux ! » et hop, ça repart sans prévenir… Et pas très loquace les Rhesus, deux « merci », un « merci beaucoup » mais pas ronchon non plus, non, on enchaîne, on joue et c’est tout. Et l’auteur n’est pas du tout musicienne alors elle est complètement incapable de faire des commentaires sur la qualité de la basse, de la batterie, ou de la guitare et de la collection de pédales à effets… Elle peut simplement glisser des trucs genre « et à un moment, on entend un truc qu’on pourrait qualifier de passage atmosphérique noisy ou noise atmosphérique et est-ce qu’on avait déjà entendu un tel truc ? », on est pas sûr et c’est le style de musique que certains pas du tout branchés en mode Rhesus pourraient qualifier de « pop-rock gnangnan » – même lorsqu’en live l’énergie dégagée est définitivement rock, des gens vraiment moroses pourraient sûrement aller jusqu’à dire « pop niaise » et effectivement, certains chœurs, certaines mélodies évoquent des comptines, ça sonne un peu naïf, c’est sûr, quelqu’un d’un peu psy pourrait aussi dire que c’est la part d’enfance qu’ils ont préservée en eux, les Rhesus, qui se chante des comptines à elle-même pour se réconforter dans un monde si violemment effrayant. Et elle n’est pas musicienne l’auteur, c’est peut-être pour ça que la voix est l’instrument auquel elle est la plus sensible et la voix d’Aurélien, c’est un petit trésor, y a des gens comme ça, dès qu’ils l’ouvrent hop ! ça sonne, c’est dingue. Et de se rendre compte aussi à quel point la voix de Laura, la bassiste, est à l’unisson avec la sienne : à certains moments, on se demande s’il n’aurait pas juste loopé sa voix (non, pas loupé : de l’anglais « loop », enregistrer un bout de tambourin, de clap clap, de whoowhoo !… avec un « looper », une boîte à boucle qui passe ensuite le truc en boucle le truc en boucle le truc en boucle jusqu’à ce qu’on appuie sur le bouton), mais non, c’est la bassiste qui reprend la note derrière lui et c’est pile en harmonie… Même si elle semble avoir eu des petits problèmes de réglage avec son micro, la bassiste ou avec ses retours, quelque chose comme ça, ça a fini par se caler… Alors c’est sûr, les Rhesus vendaient leur album 15 euros, ça fait un peu cher pour un prix concert (surtout quand sur le site de la fnac, il est en prix vert à 9,99, hum…), quand on vient d’un peu loin, avec le prix de l’entrée, en comptant l’essence, si on achète l’album ça fait une soirée à plus de 30 euros, mais ils ont un peu de staff, ils pratiquent la musique au niveau professionnel, ils font parti de ces gens qui veulent vivre de leur musique, pouvoir ne faire que ça, immersion totale, et offrir des shows et des albums tip-top, et d’autres musiciens préfèrent l’approche « je garde un pied dans le quotidien, avec un job qui m’aide à garder les pieds sur terre et le sens des réalités et mélanger musique et argent, c’est chelou… »… On peut tout comprendre, c’est une question de point de vue. Il y a des groupes amateurs qui parviennent à travailler tellement leur truc que les voir sur scène est aussi trippant qu'un concert de pro. On peut être déçu de ne pas voir les premiers jouer plus souvent à cause de leur statut et du temps que leur prend leurs jobs et déçu par le prix des cd des seconds… Rien n’est jamais parfait. Et au passage, au cas où certains seraient encore là, ce soir-là, un fidèle lecteur a demandé à quand un festival Tamazic ? Avec tous les groupes préférés de l’auteur et avec tous les contacts qu’elle doit avoir maintenant… Alors, forcément, organiser un truc, l’auteur y a déjà un peu pensé, et elle se dit aussi que si elle était un mec, si elle était un peu moins blablateuse, si elle était moins lente, si, si… ça serait fait depuis longtemps et peut-être pas un festival, quant même, quoi que si on la branche sur le sujet « festival », elle serait prompte à dire que c’est vraiment bizarre et dommage qu’Annecy n’ait pas son propre festival, alors que même une petite ville paumée comme Cluses réussi à faire un truc énorme chaque année avec Musique en Stock, (énorme d’autant plus que c’est gratuit), et vu la politique de calme affectionnée par Annecy, on pourrait lui imaginer un festival calme, genre des grandes tentes sur le Pâquier, pendant la semaine précédant la fête du lac par exemple, et des concerts acoustiques l’après-midi ou branchés mais pas trop fort pas trop tard le soir pour déranger un minium les habitants, un truc un peu axé anti-folk par exemple… Mais bref, ne rêvons pas, ou pas trop… Enfin si, rêvons qui est-ce que ça dérange ?… Enfin, plus concrètement… ou pas… L’auteur, si elle devait imaginer organiser un truc à elle, ce serait plus une soirée, mais elle se demande un peu où et comment et elle se dit que c’est compliqué, blabla… mais c’est sûr, ça mijote dans un coin de sa tête… D’ailleurs elle irait bien faire la bénévole ou la stagiaire sur des festivals comme ça, histoire d’en prendre de la graine. A bon entendeur, elle est par exemple capable de faire des photos sympas même quand elle n’est pas « accréditée », voir ça là. Bref, pour en revenir à nos moutons, le concert, la musique, Rhesus, à la fin, le public leur en redemandait chaleureusement, à noter d’ailleurs la présence de petites ados venues probablement spécialement pour les voir, mais bon, apparemment, les organisateurs étaient décidés à respecter le timing ou les Rhesus étaient fatigués, on ne sait pas. Si certains souhaitent apporter des précisions, ils sont toujours les bienvenus, histoire de s'en remettre une petite couche... Non? |